Jeudi 20 mars 2008
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Parfois elle se disait que leurs échanges prenaient une tournure qui lui faisait peur.
Mais elle aimait tellement cette façon d’un autre temps de se dévoiler. Elle se trouvait transposée dans une autre époque avec des outils
modernes, mais dans une autre époque quand même. Elle romançait cette histoire…considérablement. Mais c’était si bon aussi. Car en fin de compte, ces échanges auraient pu émaner de deux amants
éloignés, ces échanges auraient pu être écrits à la main, seraient arrivés par l’Hôtel
Des Postes et Télégraphes. Une simple feuille, pliée en neuf, cachetée de cire,
contenant en son cœur, les mille bonheurs. Lue, lue, re-lue, savourée, et rangée dans un tiroir secret…ces missives vieilliraient, jaunies par le temps et entourées d’un ruban bleu…
Tout cela prenait donc une tournure sérieuse, et l’un comme l’autre avait peut-être tellement d’espérances en l’autre, qu’ils avaient, par
écrit, du mal à plaisanter comme ils savaient le faire sur le jeu ou au téléphone.
Ou alors parce que par écrit il était plus facile de se dévoiler ? En parallèle,
plus le temps passait, plus les discussions téléphoniques devenaient un complément à leurs écrits. Pourtant, ils ne parlaient que très rarement de ce qui avait été posté
auparavant. Juste quelques allusions aux photos qui pouvaient être jointes, au côté amusant de certains textes. Mais jamais sur le fond de l’écrit. C’était peut être aussi de la pudeur…
Mais la peur les tenaillait, ça c’était sur. Ils ne s’en
cachaient pas, mais ne l’approfondissaient pas dans leurs discussions. Ils espéraient tellement en l’Autre. En fait, ce n’était que deux cœurs blessés…Qui, chacun avait fait confiance à un
inconnu.
Il était cependant certain…qu’ils n’avaient pas envie d’arrêter là
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